Université de Lomé

COLLOQUE INTERNATIONAL DE LOME DU 10 AU 12 AVRIL 2019

Axe 1 : Les représentations de l’étranger dans les discours littéraires/Artistiques/sciences Humaines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’arme de l’étranger dans la littérature africaine francophone

 

ADJAGBO Kintossou Armand,

Université de Parakou, Bénin.

 

Résumé : Les nombreux foyers de tension qui secouent l’Afrique, le climat d’insécurité qui y prévaut, l’ampleur des dégâts que cela occasionne, sont dus à plusieurs facteurs aussi bien endogènes qu’exogènes. Parmi ceux-ci figurent les armes modernes de l’étranger qui inondent le continent noir. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte aux premières heures du contact entre l’Afrique et l’Occident. Les œuvres littéraires de l’Afrique noire francophone, s’inspirant souvent des réalités des sociétés qui les produisent, fournissent quelques indices sur le rôle des armes occidentales dans l’instabilité qui règne sur le continent africain. Cet article, s’appuyant sur la sociocritique, analyse cette préoccupation à travers : La violation d’un pays de Lamine Senghor, Sokamè, œuvre théâtrale des apprenants de l’Ecole William Ponty, ressortissants du Dahomey, actuel Bénin et La chamaille de Bertin Elomon.

 

L’imaginaire de l’étranger chez Charles Baudelaire à la lecture

de Les Fleurs du Mal et Petits poèmes en prose

 

ADJASSOH Christian

Université Alassane Ouattara Bouaké-Côte d’Ivoire

adjassohchristian@yahoo.fr

(00225) 07945755/02653595

 

Résumé : La modernisation de la poésie du XIXe siècle détermine Baudelaire à adopter une écriture dans laquelle l’exotisme appelant l’inconnu et l’étranger deviennent les vecteurs de son écriture poétique. Dans cette perspective, l’étranger se distille dans ses textes poétiques à travers plusieurs figurations qui se déclinent à travers le corps de l’étranger. Ainsi, l’ailleurs se distille dans sa poésie en s’enrobant d’un corps qui le dérobe à la sagacité du lecteur. Des lors, l’étranger, sous l’impulsion de l’imaginaire du poète, par l’intrication d’un vocabulaire parsemés de référents extérieurs à la culture française, peut provenir des îles prospectées par l’imaginaire du poète ou des territoires d’outre-mer. Dès lors, comment ne pas comprendre que chez Baudelaire l’imaginaire construit ou figure l’étranger à partir des univers exotiques qui se font écho à travers le corps du voyageur, de la gent féminine ou par le truchement d’un lexique à travers lequel l’imaginaire génère un monde onirique en rupture, bien souvent, avec l’univers occidental. L’emprunt de mots provenant de sphères étrangères,  la propension du poète maladroit à camper un oiseau sublime dans les cieux et veule dans le monde des hommes sont  des indices patents de l’imaginaire de l’étranger dans l’univers poétique de Baudelaire. Notre analyse dans un premier temps se chargera de cerner la notion d’étranger pour en éclairer le sens. Ensuite, elle exposera les formes sous lesquelles l’étranger se pose dans les textes de Baudelaire pour enfin déterminer son impact sur le langage poétique de Baudelaire.

 

Etranger chez soi

AHIHOU Christian, Ph.D.

Brigham Young University (Provo)

Etats Unis d’Amérique

                                  

Résumé : L’étranger, par définition, est quelqu’un qui n’est pas chez lui. Mais où est-on chez soi ? Qui définit le « chez soi » : les autres ou soi-même ? Avec ce début de questionnements apparaît la complexité tant philosophique que pratique du double sujet de l’étranger. En littérature, les exemples sont légion et permettent de voir que l’énigme de l’étranger ne s’appréhende pas sans celle de l’altérité, le regard de l’autre. Il n’est toujours pas que question d’un déplacement et l’être ne suffit pas à définir sa propre appartenance à un groupe ou non ; le pouvoir de catégorisation de l’étranger se trouve entre les mains de l’autre qui n’est jamais identique à soi. Or, comme l’énonce Julia Kristeva dans Etrangers à nous-mêmes, « Figure de la haine et de l’autre, l’étranger n’est ni la victime romantique de notre paresse familiale, ni l’intrus responsable de tous les maux de la cité … Etrangement, l’étranger nous habite ». A partir des cas édifiants d’Hortense Iloki dans Les petits-fils nègres de Vercingétorix d’Alain Mabanckou et de Sali dans Cacophonie de Ken Bugul, je compte proposer une analyse critique des représentations de l’étranger dans le discours littéraire. En plus du lieu d’appartenance ou de résidence, quels autres paramètres la littérature offre-t-elle pour définir l’étranger ? Au regard de la question d’altérité, en particulier, ne serions-nous pas tous des étrangers les uns par rapport aux autres ? 

 

 

L’Autre et l’ailleurs dans l’écriture poétique d’Yves Bonnefoy, un plaidoyer pour la différence

AHO Kouakou Bernard

Université Alassane Ouattara de Bouaké

Côte d’Ivoire

E-mail : b2ahoko@gmail.com

 

Résumé : Le présent article se propose par des approches sociologique et sémiotique d’analyser la notion de l’Autre et de l’ailleurs afin de saisir l’impact sémantique et idéologique dans L’Arrière-pays d’Yves Bonnefoy. Il s’agira d’identifier les figures sous lesquelles elle se présente et de montrer qu’elle constitue un plaidoyer pour la différence entre les peuples. L’Autre, l’étranger, ce voyageur errant et étrange possédant une perception autre, est sujet à la haine, vu comme indésirable. L’ailleurs est ce lieu imaginaire ou réel singulier qui engendre émerveillement ou dédain. Le poète les présente comme l’étranger qui le perçoit à son tour étrange par rapport à sa civilisation. En exposant l’universalité de la culture de l’Autre, il part au rendez-vous de l’universel, du « donner et du recevoir », se situant dans le prolongement de l’humanisme auquel dépend le devenir humain. Le renouvellement de l’esthétique de la poésie est destiné à retrouver un monde enrichi de son unité. Entrevoir la présence de l’Autre dans une pérégrination devient une quête d’espace et de connaissance donnant accès à «l’arrière-pays », au monde intérieur, au monde physique. Le navigateur, explorateur, viole les frontières dans un esprit de conquête et d’enrichissement. Connaître l’Autre et l’ailleurs est une manière de se connaître soi-même et de mieux se repositionner.

FIGURES DE L’ETRANGER EN LITTERATURE : FIDÉLITÉ A LA RÉALITÉ

ALANI – ODEYEMI, Eniola Deborah

ECOLE NORMALE SUPERIEURE TAI SOLARIN, OMU – IJEBU

ECOLE DES LANGUES DEPARTEMENT DU FRANÇAIS

ETAT D’OGUN NIGERIA

08076447168/08177434086. eniolaodeyemi@yahoo.com

 

Résumé : La notion de “fidélité à la réalité” est hautement suspecte. L’étude traite  la  représentation de la parole, usage de narration verbale, discours directe et indirecte, concept de mimésis, esprit fictif, la voix et la conscience en littérature comme figures ou des éléments de l’étranger en littérature. Donc, l’étude pose que la conscience, la caractérisation et  la focalisation est une grande priorité de la recherche de future.

 

 

L’étranger et l’étrange dans l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud

ALODJI Kodjo Dométo

Maître-Assistant Département

De Lettres Modernes

Université de Lomé, Togo

 

RESUME : Rimbaud a toujours refusé de se reconnaître  européen. C’est un personnage qui pense que ses frères européens se trompent largement sur sa personne. Le «  je, écrit-il, est un autre. » C’est pourquoi il travaille dans ses créations poétiques à être un autre, un étranger aux yeux européens. Le poète renie son origine occidentale et s’approprie tous les prédicats négatifs dont l’Occident affuble la race noire. Il se proclame dès lors nègre et devient, de facto, étranger aux européens. Cette extranéité s’accentue chez le poète dans sa résolution de défranciser la langue française. Rimbaud se crée désormais un idiome païen qu’il juge susceptible de traduire les préoccupations socio-politiques du « royaume des enfants de Cham. » Dans sa volonté de donner à la poésie ses lettres de noblesse, l’auteur d’Une Saison en enfer entreprend un travail sur sa propre personne par le dérèglement des sens en absorbant des drogues pour réveiller l’autre qui est en lui. En devenant l’autre, Rimbaud se voit prêt à descendre au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau qui consacre l’étrangeté de sa poésie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DU SENS DE L’ÉTRANGER DANS LA PHILOSOPHIE D’ÉBÉNÉZER NJOH MOUELLÉ

 

AMOIKON Guy Roland,

Université Alassane Ouattara (Bouaké),

Côte d’Ivoire, (+225) 08778045 / 64418874,

aguyzor@gmail.com

 

Résumé : Si la question de l’étranger admet un sens général la renvoyant au compte des questionnements liés à l’identité, à l’appartenance et à la reconnaissance. Il convient de souligner que la mauvaise saisie de la notion d’étranger a, dans l’histoire de l’humanité, occasionné de graves dérives identitaires. D’Auschwitz au génocide rwandais, du terrorisme à la crise migratoire, l’humanité paie les frais d’une approche confuse de la relation avec l’autre : l’étranger. Face à une telle préoccupation, la philosophie d’Ebénézer Njoh Mouellé fondée sur une conception universelle de l’homme tend à redéfinir la figure de l’étranger. Des lors, l’étranger n’est plus celui dont l’identité m’est inconnue c’est-à-dire cet autre considéré à partir de sa situation géographique, de sa couleur raciale, de son sexe etc. L’histoire, la culture et le visage de l’autre disparaissent en tant que caractéristique de son étrangéité. Avec Njoh Mouellé, l’étranger c’est l’individu incapable d’assumer son humanité. C’est l’homme qui renonce à répondre rationnellement et humainement aux besoins du monde actuel, à ses propres besoins. C’est celui-là même qui se situe entre l’humanité et l’animalité : le mitoyen. Il est Incapable de comprendre le monde. Il est un aliéné c’est-à-dire un irrationnel et/ou un consommateur par essence et non pas par nécessité. Sa reconnaissance n’est aucunement relative à un espace géographique et culturel donné. L’étranger, dans la vision de Njoh Mouellé, répond aux normes de la sous-humanité

 

 

Le mythe féminin dans Les contes dʹEva Lunade Isabel Allende.

Dr ANDOU   Weinpanga Aboudoulaye

Littérature hispano-américaine

Université de Lomé (TOGO)

TEL : (00228)  90   92  94  42

E-MAIL : andouaboudou@yahoo.fr

 

Résumé : Dans cet article nous nous proposons de démontrer que l’œuvre d’Isabel Allende intitulée Les contes d’Eva Luna véhicule essentiellement une idéologie qui vise la remise à plat des rapports de force entre l’homme et la femme. L’écrivaine chilienne, dans cette partie de sa trame narrative, remet en cause la suprématie des personnes de sexe masculin sur la femme. Les personnages féminins qui transparaissent dans son œuvre exercent une influence tous azimuts soit par leur charme physique, soit par leur vertu morale alors que la majorité des personnages masculins sont peints de façon caricaturale, diabolisés, décrits comme des pyromanes qui sont à l’origine de l’obscurantisme politique, de la situation  économique et financière dramatique et de la  précarité qui ont ébranlé et continuent de traumatiser la quasi-totalité des peuples du Tiers-Monde comme ceux  de l’Amérique hispano parlante. En effet, un colonel qui, après avoir semé la terreur, la désolation et le désespoir, sollicite les services d´une femme appelée Belissa Crépusculario pour lui écrire un discours de campagne électorale pouvant lui permettre de gagner démocratiquement le scrutin présidentiel. La philosophie de cette auteure va au-delà de la simple lutte anti-machiste qui consiste à émanciper la gent féminine et  à la libérer de la domination machiste puisque l’art  littéraire  d’Isabel  Allende  se veut  très  ambitieux en balayant du revers  de la main le sacro-saint principe  de la gouvernance phallocratique qui caractérise la plupart  des sociétés depuis la  genèse de  l’humanité jusqu’à nos jours et qui a entravé le développement durable de nombreux peuples comme ceux de l’Amérique hispanophone. Cette romancière prône un changement de paradigmes qui rendrait le monde plus humain, plus juste et plus vivable si on plaçait les femmes aux commandes des Etats.

 

Repenser le statut de l’étranger dans une société juste 

 

BAMPINI Souglouman

Université de Kara, Togo

 Tél : 00228 90 65 78 73 

E-mail : bampijo@yahoo.fr

Résumé: La quête d’une société juste est une préoccupation essentielle de la philosophie éthique contemporaine. Par société juste, il faut entendre une société gouvernée par des principes du juste partage des avantages sociaux. Autrement dit, il s’agit d’une association, plus ou moins auto-suffisante, d’individus qui reconnaissent, dans leurs rapports réciproques, certaines principes de conduite comme obligatoires, et qui agissent, pour la plupart, en conformité avec ces principes. Pour définir lesdits principes, les individus en question se placent dans une position initiale d’égalité nommée « position originelle ». Celle-ci est conçue, généralement, comme une position hypothétique et non historique d’une situation initiale. Dans cette position, les individus qui définissent les principes du juste partage de leurs avantages sociaux, se reconnaissent comme étant des personnes morales, libres et rationnelles, désireuses de favoriser essentiellement leurs propres intérêts. Par rapport à cette approche, l’étranger se comprend dès lors comme une personne qui ne participe pas à la définition desdits principes : il est un exclu de la définition des principes du juste partage des avantages sociaux. Aussi ne jouit-il que du statut de non-membre de la société juste et, par conséquent, d’une personne dont les intérêts et points de vue ne sont pas pris en compte dans la définition des principes d’une société juste. La présente communication a pour objectif de montrer que la définition convenable des principes d’une société juste requiert de reconsidérer le statut de l’étranger. Pour y parvenir, notre analyse s’appuie sur la pensée philosophique d’Amartya Kumar Sen et de Martha Craven  Nussbaum dont la spécificité est de réhabiliter la justice sociale de John Rawls.

 

 

 

 

 

 

 

Les figures de l’étranger dans Things Fall Apart de Chinua Achebe et The Fishermen de Chigozie Obioma

BODJRENOU Caroline Fifamè

Littérature Africaine Anglophone

U.A.C/ F.L.L.A.C/Département d’Anglais

(229) 95571060/ficab1@yahoo.fr

 

Résumé : A l’ère de la mondialisation et de la multiplicité des conflits armés se développe une montée des flux migratoires. Un nomadisme moderne prend alors forme pour des raisons multiples. Or, dans les sociétés traditionnelles, le nomadisme était culturel et ethnique. Le changement de résidence résultait soit des dissensions soit de l’ostracisme qui se pratiquait pour réguler les déviances sociales. Qu’il s’agisse de l’ostracisé ou l’individu déplacé au sein d’un même pays pour des raisons professionnelles, ils sont considérés comme des étrangers aussi bien dans leurs nouveaux milieux que dans leurs milieux d’origine puisqu’en leur absence il y eu de nouvelles normes. L’étrangeté suscite alors le renouvellement des représentations de l’étranger dans les œuvres de l’esprit. Le corpus de cet article prend en compte deux œuvres romanesques de deux auteurs nigérians de même ethnie- Igbo- mais de générations différentes. Il s’agit notamment de Things Fall Apart[1]de Chinua Achebe reconnu comme l’un des précurseurs de la littérature africaine et The Fishermen[2]de Chigozie Obioma. Il s’agit d’analyser les effets de ce changement géographique sur l’étranger en s’inspirant de l’orientalisme d’Edwards Said, une branche du post colonialisme et de la sociocritique de Claude Duchet.

 

 

L’ETRANGER : REPRESENTATION, FONCTIONS ET SIGNIFICATION  DANS LES PROVERBES AFRICAINS

 

Dr CAMARA Lonan

Université Alassane Ouattara (Bouaké- Côte d’Ivoire)

Département de Lettres Modernes

camaralonan@yahoo.fr

(00225)08402801/41767795

 

RÉSUMÉ : La tradition orale repose fondamentalement sur la parole dont émane la littérature orale. Cette dernière s’impose à travers la richesse de ses genres dont le proverbe, un énoncé esthétiquement et sémantiquement dense. Il se caractérise, en effet, essentiellement par  l’image, le rythme, une vérité d’ordre général ou même universel, une norme sociale et un contexte d’emploi  qui en assume sa pérennité. Il est le fruit de l’expérience empirique conceptualisée et mise en une forme savante. Démonstratif, il a une valeur didactique. Son utilisation requiert une certaine expérience et une maîtrise de l’art oratoire. Généralement, en littérature, quand on parle de personnage, l’on ne  pense qu’aux genres narratifs. Pourtant, lorsque le vieillard,  maître de la parole, dit un proverbe, celui-ci s’inscrit nécessairement dans un univers dont l’un des membres a été l’objet d’une observation réaliste et profonde. L’univers globalisant du proverbe préfigure divers personnages : les  humains, les animaux, les végétaux, les supranaturels et l’ensemble des personnages allégoriques. Les activités et la vie de ces différents personnages constituent la trame des proverbes africains qui, in fine, caricaturent l’homme et son environnement. L’étranger, cet « un autre pas comme soi-même », est également un personnage qui investit l’univers  parémique. Au travers de cette contribution nous appréhendons l’étranger suivant sa représentation, ses fonctions dans les proverbes africains et la vision du monde qui en découle.

 

 

Du Libanais et du Syrien dans Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire de Florent Couao-Zotti et Et Dieu seul sait comment je dors d’Alain Mabanckou

 

da SILVA

José-Manuel Salim

salimdasilva3@yahoo.fr

 Tel : 00229.97.48.60.70

FLLAC/Université d’Abomey-Calavi au Bénin

 

Résumé : Avec le renouveau thématique et formel observé dans la littérature négro-africaine d’expression française du fait des productions des écrivains de la post-colonie, le roman négro-africain s’intéresse à l’immigration des Occidentaux et autres peuples vers les autres dont le continent africain. Cette présence de l’autre n’est pas sans frictions. C’est pour analyser les implications socio-économiques et même politiques de cette présence que nous avons choisi le sujet : « Du Libanais et du Syrien dans Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au porc de le dire et Et Dieu seul sait comment je dors de Florent Couao-Zotti et Alain Mabanckou ». L’objectif principal est de voir et d’analyser la perception que les autochtones ont des immigrés syriens et libanais présents dans ces productions. Pour conduire cette étude, nous partons des interrogations suivantes : Quel regard les Africains portent sur le Libanais et le Syrien dans les deux œuvres ? Comment ces deux écrivains peignent ces images et quels sont leurs objectifs ? Ce sont les réponses à ces questions qui vont structurer cette étude qui sera conduite grâce à la sociocritique, au comparatisme et à l’analyse argumentative.  

 

L’altruisme comme prémisse du vivre-ensemble chez auguste comte

 

DIBI Crépin Zanan Kouassi,

Doctorant Histoire des Sciences et Bioéthique

Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire)

 

Résumé : L’altruisme ou la tendance à vouloir faire du bien à autrui constitue le socle des relations sociales dont l’enjeu est le vivre-ensemble. Partant, l’altruisme se pose comme un fondement indubitable du bien-être socio-politique et éthique, d’où sa valeur dans le philosopher d’Auguste Comte dont l’essence de la pensée se propose de poser et penser les balises d’un humanisme social à travers la religion de l’humanité. Substantiellement, ce présent exercice réflexif, s’inscrivant dans le comtisme, consiste à prôner l’altruisme comme valeur fondamentale du vivre-ensemble.

Les représentations discursives de l’Arabe et du Juif dans Soumission de Michel Houellebecq

GBESSE Mahudé  Clotilde

Université d’Abomey-Calavi,

Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication,

Département des Lettres Modernes/Bénin

 

Résumé : Perçu comme l’intrus, parfois l’élément  dérangeant, l’étranger est souvent appelé à prouver par ses mérites qu’il pourrait bien intégrer le groupe social qu’on lui refuse. En littérature, sa figure est présentée sous plusieurs angles. Par exemple, il est celui qui va à la quête d’un meilleur monde, d’un mieux-être. Il est également celui qu’on rejette ou qu’on accepte et peut à son tour, faire pareil car, percevant lui aussi  l’autre comme étranger. Mais en s’insérant dans la société qui l’accueille, il peut réussir à gagner la confiance d’un groupe donné et ce, au détriment des autochtones. L’étranger par conséquent peut parvenir à s’imposer.Michel Houellebecq, écrivain contemporain français présente dans Soumission, roman qui anticipe sur le temps les évènements de 2022 en France, la figure de l’arabe  comme l’étranger qui devient conquérant en France. Par ailleurs, la figure du Juif y est également présente. Cet article se propose d’étudier en se fondant sur les outils d’analyse que sont la  Sociocritique et  l’Analyse argumentative, l’image de l’arabe dans cette œuvre. Il sera question de voir dans une première partie, comment la figure de l’étranger arabe se révèle dans  cet univers. Dans une deuxième partie, nous étudierons celle du Juif.

 

 

LE PERSONNAGE DE L’ETRANGER COMME OUTIL DE LA DECONSTRUCTION DE L’ETRANGETE DANS LE CONTE AFRICAIN

 

Dr GNAGNY PEDRO KENNEDY

Maitre-Assistant à l’Université Alassane Ouattara

Enseignant-chercheur en Traditions et littératures orales

Email : gnapekenn35@gmail.com / gnapekenn@yahoo.fr

 

Résumé : Les contes africains ont, en général, une préoccupation de préservation du tissu social communautaire en proie à des irrégularités morales susceptibles d’en entamer l’intégrité. Les leçons de moral qui, implicitement ou explicitement, sont promulguées dans ces récits ancestraux dénotent du souci permanent des peuples à préserver l’ordre social. Dans cette perspective, le conte possède l’art de la création de personnages symboliques, atypiques et allégoriques. Entre autres, il y a le personnage de l’étranger qui, dans le cadre de la présente réflexion, constitue notre objet d’attention. Nous appréhendons le personnage de l’étranger, en effet, dans une double signification. L’étranger, c’est l’individu venu d’ailleurs, mu par un besoin ou trahi par une faiblesse, avec son originalité identitaire ; mais c’est aussi celui qui dans ses rapports avec les membres de sa peuple, est en marge des principes de fonctionnement de sa communauté envers qui il développe alors une étrangeté que le conte flagelle par plusieurs moyens au titre desquels la convocation d’un étranger. Dans notre analyse, nous montrerons que l’étranger :

  • c’est Lièvre qui quitte le village des hommes et se rend à Denzek, le lointain et étrange village des femmes, pour inaugurer la culture du mariage entre les deux sexes ;
  • c’est aussi le monstre, qui prenant l’apparence d’un bel étranger, est en réalité venu éprouver la jeune fille nubile dont l’étrangeté réside en ce qu’elle ne veut épouser que l’homme qui ne porterait aucune cicatrice ;
  • c’est enfin la communauté Asanté avec à sa tête la reine Nanan Abraha, venue demander l’hospitalité à Kangalé Agoua, dans son domaine paradisiaque dont les nouveaux arrivants feront un enfer.